R.P. J. Franois-Humbert
Voisard,
grand
tmoin
de la Rvolution dans lÕvch
Ë lire comme un roman.
23 mars 1993. Philippe Froidevaux termine la transcription du journal du R.P. Voisard. Trs exactement 200 ans aprs la runion de lÕvch la France (23 mars 1793). Il sourit. Il sait que personne dans le nouveau canton ne ftera ce bicentenaire, sauf lui, sa manire qui a lÕlgance de lÕhistorien passionn.
Ce journal,
encore indit, aurait d servir au professeur Franois-Humbert Voisard mettre
au point son Abrg de lÕhistoire des vques
de Ble depuis lÕtablissement jusquÕ nos jours.
En effet, il est dÕabord une chronique des faits et gestes dÕune petite ville. Mais, lorsque lÕhistoire de lÕvch sÕacclre (en 1779, lorsque lÕAjoie passe sous lÕautorit spirituelle du prince-vque ; en 1780, lorsque un trait permet Louis XVI dÕassurer militairement la scurit de lÕvch ; surtout la fin des annes 80, lorsque la Rvolution franaise tambourine aux portes de lÕvchÉ), le R.P. Voisard couvre les vnements comme lÕenvoy spcial dÕune gazette.
Bruntrutain, il connat sa ville par cĪur, dÕo ses vues originales sur la rception des troupes dÕoccupation, sur lÕassemble des tats que le prince consent enfin convoquer, sur les menes des rvolutionnaires locaux. Il connat son monde et dsigne ses contemporains (les ascendants de nos arrire-grands-parents en somme) qui feront triompher la rvolution et de ceux qui la subissent et fuient la Į canaille Č qui chante la Carmagnole sur les hauts du Tirage (un Index recense les acteurs de cette Rvolution dans lÕvch et les lieux o elle sÕest droule).
Son journal se lit alors comme un roman, on suit sous sa plume les mouvements de la foule qui gravit la Presse pour investir le chteau, on lit les libelles placards devant lÕHtel-Dieu, on entend le bruit du canon et celui des chevaux sur les pavs de lÕHtel-de-Ville. Le R.P. Voisard suit de prs lÕvnement.
Avant de quitter la ville, fin fvrier 1793, le R.P. Voisard, amer du sort rserv lÕvch de Ble, note, dsabus :
Cette semaine, on a trouv, affichs lÕarbre de la libert au
haut de la ville, ces vers :
Arbre de misre
Bonnet de galre
Troupe de brigands
Ne durent jamais longtemps.